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12 août 2018

Idir élève la voix sans hausser le ton

L’histoire nous raconte que c’est 1973, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre sa caserne pour faire son service militaire, qu’il a remplacé au pied levé une vedette locale souffrante sur Radio Alger que le public l’entendit interpréter une berceuse qui deviendra l’emblème de sa carrière « A Vava inouva » qui signifie « Mon petit papa ».

Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare deviendra dans les faits le premier grand tube en provenance du Maghreb, bien avant les Khaled et autres Mami.

Cette petite berceuse est devenue malgré ou à cause de lui l’affirmation de l’identité berbère, dont la langue Amazigh était fortement réprimée par les autorités de l’époque qui avaient engagé un vaste mouvement d’arabisation à marche forcée.
Mais Paradoxalement Idir restera dans les mémoires l’homme d’un seul album, celui qui l’a fait connaitre, enregistré en 1976 et dans lequel figure « I vava inouva », alors qu’il en a enregistré pas moins de quatre.

Quoiqu’on en pense, il aura fait un remarquable travail de mémoire. En 2007 avec l’album « La France des couleurs », il fait la promotion de la diversité de l’identité de tous les Français avec participation d’artistes tels qu’Akhénaton, Grand Corps malade, Tiken Jah Fakoly ou encore le groupe Zebda.

En 2017 il signe et persiste dans cette reconnaissance des différences avec l’album « Ici et ailleurs » en multipliant les duos avec Cabrel, Aznavour, Lavilliers, Maxime le Forestier…

C’est tout cela et bien encore que le public de Musicalarue est venu écouter. L’émotion était à son comble. C’était d’autant plus remarquable que la scène du Théâtre de Verdure d’habitude si calme, a chaviré avec la musique et les chants berbères d’Idir et de sa fille Tanina.

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